Née le 22 juin 1949 à Summit, dans le New Jersey, Mary Louise Streep se destine d'abord à une carrière de chanteuse lyrique : adolescente, elle prend des cours de chant à New York, et se produit au lycée dans des opérettes comme "Oklahoma" ou "The Music Man". C'est toujours dans le cadre de l'école qu'elle remporte ses premiers succès dans un registre dramatique avec "Mademoiselle Julie" et "Un tramway nommé Désir". Etudiante en art dramatique à l'Université de Yale, elle participe à de nombreux spectacles tels "Le Songe d'une nuit d'été", "Le Père" ou "Eté et fumées". Elle tient son premier rôle professionnel en 1975 dans une pièce de Pinero, avant de passer à Arthur Miller puis à Tennesse Williams.
Elle fait ses débuts sur le grand écran en 1977 avec "Julia" de Fred Zinnemann. La consécration ne tarde pas à arriver : un an plus tard, elle est à l'affiche du "Voyage au bout de l'enfer" de Michael Cimino, qui lui vaut une nomination à l'Oscar du meilleur second rôle, et elle remporte un Emmy pour sa participation à la mini-série "Holocauste" (elle y est l'épouse, aryenne, de James Woods). Plébiscitée par les plus grands metteurs en scène, elle apparaît dans "La Vie privée d'un sénateur" (1979) de Jerry Schatzberg, "Manhattan" (1979) de Woody Allen, "La Maîtresse du lieutenant français" (1981) de Karel Reisz. Au passage, elle récolte deux Oscars, celui du meilleur second rôle pour "Kramer contre Kramer" (1980) de Robert Benton, dans lequel elle se déchire avec Dustin Hoffman, et celui de la meilleure actrice pour "Le Choix de Sophie" (1982) d'Alan J. Pakula, sur les fantômes de l'horreur nazie.
Actrice puissante, Meryl Streep a l'étoffe d'une grande héroïne romantique : c'est ainsi qu'en 1986, le monde entier se pâme devant son histoire d'amour avec Robert Redford dans "Out of Africa", de Sidney Pollack. Ce qui ne l'empêche pas de jouer une ouvrière militant pour de meilleures conditions de travail dans "Le Mystère Silkwood" (1984), une ménagère banlieusarde amoureuse de Robert de Niro dans "Falling in Love" (1985), l'épouse trahie de Jack Nicholson dans "La Brûlure" (1986), ou encore une mère accusée d'avoir tué son enfant dans "Un cri dans la nuit" (1988). Et même de faire rire dans une vraie comédie, "She Devil - La Diable", avec Roseanne Barr.
Après avoir largement dominé le cinéma des années 80, elle attaque les années 90 en jouant une star devenue drug-addict dans "Bons baisers d'Hollywood". En 1992, elle se hisse au sommet du box-office grâce à la comédie fantastique "La Mort vous va si bien" de Robert Zemeckis, avec Bruce Willis et Goldie Hawn. Mais les bons rôles se font plus rares. Ni "La Maison aux esprits" (1994), la fresque historique de Bille August, ni "Before and After" (1996), le thriller de Barbet Schroeder, ni "Simples secrets" (1998), le mélodrame avec Leonardo DiCaprio, et encore moins "La Rivière sauvage" (1995), son incursion dans le film d'aventures, ne ramènent sa filmographie à son niveau d'autrefois. Heureusement, un rôle, un seul, suffit à marquer la décennie : celui de Francesca, cette femme dont l'idylle à la fois brève et intense avec un photographe de passage émeut des millions de spectateurs dans "Sur la route de Madison", de (et avec) Clint Eastwood.
Violoniste passionnée dans le mélodrame "La Musique de mon coeur" (2000) de Wes Craven, elle campe une romancière dans la comédie à tiroirs "Adaptation" (2003) de Spike Jonze, joue les Mrs Dalloway contemporaines dans "The Hours" (2003) de Stephen Daldry, inspiré du livre de Virginia Woolf, et se fond dans la peau d'une politicienne machiavélique dans "Un crime dans la tête" (2004) de Jonathan Demme. Puis elle renoue avec la comédie, via "Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire" (2004), une fantaisie gothique et familiale avec Jim Carrey, "Petites confidences (à ma psy)" (2006), dans lequel elle reçoit Uma Thurman sur son divan, et surtout "Le Diable s'habille en Prada" (2006), une satire au vitriol du monde de la mode et de l'édition. Adapté d'un best-seller de Lauren Weisberger, le film lui offre un rôle en or, celui d'une rédactrice en chef froide, tyrannique et manipulatrice, inspirée d'Anna Wintour, la véritable directrice du "Vogue" américain.
Après "The Last Show" (2006), l'ultime film du vétéran des années 70, Robert Altman, elle renoue avec ses premières amours et pousse la chansonnette dans "Mamma Mia !" (2008), une comédie musicale ensoleillée, construite autour des plus grands tubes d'Abba. L'année suivante, l'actrice la plus nominée de toute l'histoire du cinéma reçoit sa quinzième citation à l'Oscar pour son rôle de nonne dans "Doute". Quelques mois plus tard, elle s'illustre dans deux comédies : "Julie et Julia", où elle campe une célèbre cuisinière des années 60, Julia Child, et "Pas si simple", une comédie romantique avec Alec Baldwin et Steve Martin.