Mathias Barillet a vingt-cinq ans. Il est fils de diplomate et poursuit des études de médecine légale. Mathias vit en Allemagne, où son père était en poste mais il a décidé de fuir l'ennui d'Aix-la-Chapelle pour venir s'installer à Paris.
Dans le train qui le ramène vers sa patrie, Mathias rencontre lors d'un contrôle douanier un homme qui le menace, le couvre d'injures puis disparaît.
Troublé, il découvre le lendemain dans ses bagages une tête humaine : une tête réduite, à la manière de celles des Indiens Jivaros. Mathias est tour à tour effrayé, dégoûté puis vite fasciné par ce fragment de dépouille humaine. Il s'en sent responsable. A qui appartient-elle ? Qui la lui a confiée ? Et pourquoi ?
Au laboratoire de médecine légale où il étudie, Mathias essaie de savoir d'où vient la tête. Et peu à peu, s'énamoure d'elle, jusqu'à vouloir sauver la mort du cadavre, comme on dit sauver la vie d'un blessé.
Cette obsession l'isole chaque jour davantage de son entourage. De sa soeur Marie, chanteuse classique, de son ami Jean-Jacques, fonctionnaire au Quai d'Orsay, et de tous ceux qui gravitent autour de lui : William, son colocataire et Nathalie, une amie d'enfance.
C'est enfin, par rebond, l'histoire presqu'effacée de la fondation du monde. Il y a quarante-cinq ans à Yalta, trois hommes ont rêvé un nouvel ordre.
La Sentinelle est l'histoire d'un garçon d'aujourd'hui qui - par le biais d'un bout de cadavre - entre dans ce rêve et s'y brise.