Né le 22 octobre 1969 à Rockville, dans le Maryland, aux Etats-Unis, Spike Jonze, de son vrai nom Adam Spiegel, est un virtuose de l'image : il émerge d'abord en tant que vidéaste dans le milieu du skateboard, avant de devenir l'un des réalisateurs de publicités (Levi's, Nike, Adidas, Ikea, Nike, Sprite, Coca-Cola) et de clips (R.E.M., Daft Punk, Björk, Kayne West, Fatboy Slim) les plus prisés des années 90. Au passage, il dirige trois courts-métrages, "Ciao L.A." en 1990, "How They Get" en 1997 et "Torrance Rises" en 1999.
En 1999, son premier long-métrage, "Dans la peau de John Malkovich", révèle son talent de metteur en scène de cinéma. Basé sur un scénario signé Charlie Kaufman, décrivant les allées et venues d'une poignée de personnages dans le cerveau de l'acteur John Malkovich (auquel on accède par une petite porte !), le film dévoile un univers déjanté, délicieusement foutraque et totalement singulier. Le succès de cet ovni cinématographique, rapidement catalogué comme culte, doublé d'un mariage, de 1999 à 2003, à la très lancée Sofia Coppola, fait de Spike Jonze la nouvelle icône branchée.
Plutôt que d'enchaîner sur un second film, celui qui avait déjà tâté du métier d'acteur en jouant en 1997 dans "The Game" de David Fincher, accepte de tourner sous la direction de David O. Russell pour "Les Rois du désert" et de Ridley Scott pour "Hannibal". Il produit également "Human Nature", premier long-métrage de son ami Michel Gondry, ainsi que "Jackass", la série MTV trash, bête et parfois méchante, qui fait un carton dans le monde entier.
En 2003, les cinéphiles guettent son deuxième opus, "Adaptation". A nouveau scénarisée par Charlie Kaufman, cette comédie à tiroirs, bourrée de mises en abyme, est encore plus folle, plus déroutante et plus échevelée que la précédente. Nicolas Cage y tient un double rôle, dont l'un se prénomme Charlie Kaufman (!), face à Meryl Streep et Chris Cooper, lequel remporte l'Oscar du meilleur acteur.
Spike Jonze poursuit alors son activité de producteur sur les films dérivés de la série "Jackass", ainsi que sur "Synecdoche, New York", premier long-métrage de Charlie Kaufman. Sans abandonner sa carrière de clippeur, il annonce un projet qui tient les cinéphages en haleine : l'adaptation au cinéma de "Max et les Maximonstres", un très court classique de la littérature enfantine signé Maurice Sendak. Le film sort en 2009, et impose à nouveau l'univers de fantasmagorie un peu potache de l'un des réalisateurs les plus brillants du moment.